Copyright 2012 © Karine Bougie
Date de création du site:
7 septembre 2007

Ce site est optimisé pour une résolution d'écran de 1024 x 768.

Menu alternatif

Histoire de la ceinture fléchée

Dans cette section, vous trouverez des informations sur l'histoire de la ceinture fléchée. Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur cette technique, consultez la section "Bibliothèque" du site, où vous trouverez une bibliographie importante sur le sujet.

Cliquez sur le lien à droite pour en apprendre plus sur la conservation des pièces de ceinture fléchée.


-----------------------------------

Conservation de la ceinture fléchée

Apparues dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les premières références à la ceinture fléchée datent de 1798 et proviennent d’inventaires de la Compagnie de la Baie d’Hudson. L’évolution de la ceinture fléchée est intimement liée au commerce de la fourrure, puisque des bourgeois, guides et voyageurs pouvaient la porter. De plus, certains contrats passés entre des artisans de la région de l’Assomption et des marchands montréalais témoignent de l’apparition de la ceinture fléchée traditionnelle dite de l’Assomption. La ceinture fléchée ne prendra toutefois sa forme traditionnelle "dite de l’Assomption" qu’en 1850. À cette époque, les ceintures servaient à entourer le "capot" des hommes (manteau fabriqué avec de la laine et du lin, un matériau communément appelé "étoffe du pays") pour conserver la chaleur corporelle, ainsi qu’à soutenir leur dos lors des durs travaux physiques quotidiens. Il faut comprendre qu’à cette époque plusieurs hommes étaient travailleurs forestiers ou coureurs des bois, deux métiers exigeant beaucoup de force physique et une tolérance au froid.



Ce croquis de Frances Anne Hopkins représente un habitant canadien portant une ceinture fléchée traditionnelle.
"Habitant canadien en hiver", Aquarelle sur crayon sur papier vélin, circa 1858-1859
Source: Fonds Frances Anne Hopkins, Bibliothèque et Archives Canada: www.collectionscanada.ca/


La ceinture fléchée fut plus populaire durant la première moitié du XIXe siècle, mais vers la fin du siècle, la ceinture fut progressivement délaissée. Vers 1850, le curé Tancrède Viger, constatant que les tisseuses des campagnes étaient exploitées par les commerçants anglais, recommande à celles-ci d’arrêter le tissage et de se concentrer sur la couture. La ceinture fléchée était majoritairement produite pour les voyageurs, un métier de moins en moins pratiqué à cette époque. Puisque les artisanes refusaient de produire des ceintures fléchées artisanales, les commerçants se sont tournés vers la ceinture "Coventry", de moindre qualité faite à la machine. D’autres causes ont aussi entraîné la disparition de la ceinture fléchée : "l’influence urbaine, le coût et le temps que nécessite la confection de cette pièce, l’influence de la mode et le remplacement de la voiture à traction chevaline par l’automobile. Le "capot de poil" et la ceinture fléchée sont des vêtements trop encombrants pour être utilisés dans un véhicule automobile." (Histoire et origines de la ceinture fléchée traditionnelle dite de l’Assomption, Sillery, Éd. Septentrion, 1994, p. 55).



La ceinture fléchée a été adoptée comme symbole de la région de Lanaudière.
Ceinture fléchée, 19e siècle, 21 cm, don de Miss J. F.
Source: Musée McCord, M20113, www.musee-mccord.qc.ca/fr/


Au XXe siècle, l’intérêt pour la ceinture renaît grâce à des cours donnés par diverses écoles domestiques et aux efforts des artisans qui pratiquent la technique du fléché. En plus de son utilité vestimentaire de base, la ceinture traditionnelle constituait un sommet dans l’art du tissage aux doigts. Au cours des années, quelques personnes se sont penchées sur l’origine de ces fameuses ceintures, sans toutefois en arriver à une conclusion. Dans les années 1940, Marius Barbeau, un grand ethnologue canadien, avait entamé une étude sur l’histoire de la ceinture fléchée, mais il n’arrivait pas à déterminer si elle était d’origine écossaise, française, canadienne, acadienne ou amérindienne. Ce n’est que plus tard, dans les années 1970, que de nouvelles recherches démontreront clairement les origines canadiennes de la ceinture fléchée. En effet, elle représente un mélange des cultures représentées sur le territoire à l’époque: elle tire ses origines d’un savoir-faire d’ici; elle était fabriquée avec des laines d’Angleterre importées par des marchands écossais et souvent tissées par de la main-d’œuvre acadienne. La tradition se perpétue depuis plus de 150 ans dans la région de L’Assomption et plusieurs artisans des autres régions du Québec se sont intéressés à cet art et pratiquent aujourd’hui le tissage aux doigts de la ceinture fléchée.

C'est grâce aux efforts des artisans et artisanes d'ici que les authentiques ceintures fléchées artisanales existent toujours et que la beauté et l'originalité de chacune des pièces ne pourront jamais être égalées par les ceintures faites de façon mécanique. Saviez-vous que Dorothy Burnham, qui fut conservatrice au Royal Ontario Museum de Toronto, affirmait en 1981 que la ceinture fléchée traditionnelle dite de l'Assomption est le plus beau tissage aux doigts du monde? Élément important de l’héritage de L’Assomption, la ceinture fléchée traditionnelle est aussi un symbole du patrimoine pour le Québec...

Soyons donc fier de perpétuer et de moderniser cette tradition!

Technique du fléché: selon l’ouvrage Histoire et origines de la ceinture fléchée traditionnelle dite de l’Assomption (Sillery, Éd. Septentrion, 1994, p. 33), la technique de la ceinture fléchée est complexe:

"les motifs flèche (ou éclair) et flèche nette (ou flamme) sont créés par un croisement de fils qui changent leurs directions: le crochet. Au départ invisible et compris dans une diagonale allant de gauche à droite, le fil devient visible en étant inséré, lors du croisement, dans une diagonale qui traverse la pièce de droite à gauche […]. Cette variation [le crochet] produit des pièces dont les motifs sont parallèles au bord. Elle est le fondement de la technique du fléché."